en Ecosse et en Irlande

St Kilda, une ile vraiment a part

Saint Kilda, « l’île du bout du monde », a été abandonnée par ses habitants le 29 août 1930. Pour les trente-six personnes qui y vivaient encore, ce fut le dernier jour d’une histoire vieille de plusieurs siècles, voire de plusieurs millénaires.

A leur propre demande, les Saint-Kildans ont été évacués. Pour la première fois, ils ont laissé s’éteindre le feu dans la cheminée. Dans un geste symbolique et traditionnel, ils ont répandu une poignée d’avoine sur les planchers et déposé des bibles dans ces maisons qu’ils ne reverraient plus. Certaines étaient ouvertes à la page de l’Exode. Rien n’avait préparé les Saint-Kildans à l’accueil qui leur fut réservé sur les côtes écossaises : une foule de curieux, des reporters, des appareils photo. Ils se sentirent dans la peau des pensionnaires d’un « zoo humain », explique l’un d’eux. Norman Gillies, aujourd’hui âgé de 73 ans, se « rappelle avoir couru sur le pont du bateau, puis avoir débarqué. Je n’oublierai jamais ces gens venus en masse voir ceux qui étaient pour eux des extraterrestres ». Mae MacLeod a quitté l’île avec sa famille en 1922. A 80 ans, elle est convaincue que beaucoup de Saint-Kildans ne s’en sont jamais remis. « Les anciens ont eu le coeur brisé, dit-elle. Lorsqu’ils ont quitté leur île et leur maison, ils ont perdu la santé. » Le nom Saint Kilda désigne en réalité un archipel composé de quatre îles (Hirta, Dun, Soay et Boreray). Mais l’usage veut qu’il soit employé pour qualifier l’île principale, Hirta, qui mesure un peu plus de trois kilomètres sur trois. Elle est située à 160 km environ au nord-ouest de l’Ecosse [et à 70 km des îles Hébrides extérieures]. « La dernière et la plus lointaine des îles », comme l’écrivit jadis un chroniqueur, est aussi la contrée la plus sauvage et la plus reculée de Grande-Bretagne.

L’endroit est si isolé, et ses falaises de trente mètres si hautes, qu’il produit son propre nuage. Des tempêtes assourdissantes, soufflant parfois à 200 km/h, fouettent les côtes cent jours par an. Aujourd’hui, les bateaux n’accostent à Hirta qu’en été, et seulement par beau temps. Après de longues heures en mer, ils trouvent refuge à Village Bay, l’endroit le plus abrité (si l’on peut dire) de l’île : une baie taillée dans la roche et bordée de montagnes. Les Saint-Kildans constituaient le dernier peuple indigène de Grande-Bretagne. Privés pour ainsi dire de tout contact avec le reste du pays jusqu’au XIXe siècle, ils ont conservé le même mode de vie pendant des générations.

 Leur activité principale consistant à escalader les falaises pour chasser les oiseaux de mer, leurs pieds ont évolué en conséquence ; ils se caractérisaient par des chevilles très épaisses et, dit-on, des orteils presque préhensiles.

 

 

 

 

 

Véritable république, l’île possédait deux « Parlements », celui des hommes adultes et celui des femmes. Ni police, ni criminalité, ni argent. Pendant la majeure partie de leur histoire, les Saint-Kildans n’ont connu ni les arbres, ni la guerre, ni l’écriture. En arrivant en Ecosse, Calum MacDonald a été « fasciné » de voir des gens à bicyclette (il n’avait jamais vu de véhicules à roues auparavant) et ne comprenait pas « comment ils faisaient pour ne pas tomber ». Et ces îliens n’avaient pas de miroirs. Le premier fut offert par un capitaine de la marine marchande à un Saint-Kildan nommé Norman MacQueen, en 1903. Ce dernier le conserva par la suite dans sa poche et le regardait en secret. Selon la légende, son épouse l’aurait surpris en train de glisser sous son oreiller ce qu’elle prenait pour l’image d’une autre femme et, y jetant un coup d’oeil, elle aurait fait le commentaire suivant : « Oh, en tout cas, ce n’est pas une beauté ! » Les Saint-Kildans avaient des chants, des danses, des complaintes et menaient une vie rude, très rude. Ils étaient persuadés que des esprits peuplaient les puits, mais n’avaient pas d' »Histoire », au sens où nous l’entendons. Les seules dates qui comptaient étaient celles qui marquaient la naissance et la mort des propriétaires fonciers – d’affables Ecossais « continentaux » [les chefs du clan MacLeod en leur fief de Dunvegan, sur l’île de Skye, jusque dans les années 30] dont les régisseurs étaient payés à l’année en plumes d’oiseau (utilisées pour garnir les oreillers) et en tweed de laine de mouton – et l’arrivée de missionnaires, à partir des années 1820…..

http://www.courrierinternational.com/article/1999/01/14/saint-kilda-une-miette-d-ecosse-trempee-dans-le-petrole



TOUT SUR CETTE ILE FANTASTIQUE, sur le site du NATIONAL TRUST OF SCOTLAND

http://www.kilda.org.uk/

Publicités

2 Réponses

  1. Pour en découvrir davantage, je vous invite à faire un tour sur mon site qui présente un projet artistique en lien avec St Kilda ainsi que l’histoire de cette île fascinante :

    https://kildaprojet.com/

    24 décembre 2016 à 8 h 17 min

  2. Pingback: Ambaile/Highland history &culture : un site de référence | Par tous les temps

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s