en Ecosse et en Irlande

Référendum écossais – article Nouvel Obs

Un article de plus sur l’indépendance de l’Ecosse. Ce dernier – extrait du très sérieux Nouvel Obs, vous imaginez ! –  est censé nous inciter à nous intéresser au problème et pointe les doigt sur les différentes conséquences possibles. Je suis par contre consternée que l’on fasse allusion à l’effet de contagion possible en Bretagne, en Catalogne, etc…mais à aucun  moment on n’évoque l’Irlande du Nord! Bel et bien oubliés les irlandais du nord!

10 raisons de vous intéresser (enfin) au référendum sur l’indépendance de l’Ecosse

Deux participants à une marche en faveur du « oui » au référendum sur l’indépendance écossaises à Edimbourg le 21 septembre (Lesley Martin/AP/SIPA)

Je vous écris après une conversation téléphonique avec un ami français, pendant laquelle j’ai découvert, à ma grande surprise, qu’il n’était pas au courant de l’organisation d’un référendum sur l’indépendance écossaise.

Rappel express
  • Grande-Bretagne = Angleterre + Pays de Galles + Ecosse.
  • Royaume-Uni = Grande-Bretagne + Irlande du Nord.
  • Iles britanniques = Royaume-Uni + Irlande

Dans moins d’un an, le 18 septembre, les Ecossaises et les Ecossais seront en effet appelés à se prononcer sur le futur de leur nation.

Je ne suis pas étonné que les Français ne soient pas tous au courant, mais plutôt que cet ami en particulier ne le soit pas, sachant que je parle souvent de mon pays.

Pour lui et tous les autres, j’ai trouvé dix raisons de s’intéresser à ce scrutin.

1

Ce serait la fin d’une alliance aux origines peu glorieuses

La relation entre l’Ecosse et l’Angleterre a toujours été complexe, et ne peut pas être entièrement définie comme un affrontement.

Making of

Jeremy Miller est Ecossais, il a 24 ans, a vécu en Espagne où il était scolarisé dans un lycée français. Aujourd’hui, il est diplômé en Ecosse en géographie. Il est membre du parti Verts écossais.

Après de nombreuses guerres et le règne d’une dynastie écossaise sur l’Angleterre, ce sera la colonisation qui finira par réunir les deux pays, du moins politiquement.

En effet, peu avant le traité d’union signé en 1707, les coffres de l’Ecosse, et de sa noblesse, étaient vides.

La tentative de colonisation de l’isthme de Panama avait tourné en déroute, et la classe dominante du pays a accepté l’union des parlements en échange de l’or anglais.

2

Ça pourrait entraîner un conflit pétrolier

Si l’Ecosse se sépare du reste du Royaume-Uni, ce dernier perdrait environ 8% de sa population et près d’un tiers de son territoire. Il dirait aussi adieu à 90% du pétrole extrait de la Mer du Nord, une proportion qui pourrait être plus élevée si l’Ecosse décidait de contester la nouvelle frontière maritime créée par Tony Blair.

La production de pétrole a largement aidé le Royaume-Uni à garder la bonne note que lui attribuent les agences de notation malgré la crise. La partition risque donc de déstabiliser son économie.

3

L’Ecosse se retrouverait avec des armes nucléaires sur son sol

C’est l’une des grandes ironies du débat actuel. Comme personne n’en voulait ailleurs, le Royaume-Uni a finir par placer son armement nucléaire en Ecosse.

L’indépendance forcerait peut-être Londres à reconsidérer sa position, en trouvant un nouvel emplacement pour son arsenal en Angleterre, au Pays de Galles ou en Irlande du Nord. Ce qui n’ira pas sans des mouvements de protestation.

4

Le Royaume-Uni pourrait perdre son statut privilégié à l’ONU

Selon certains observateurs, si la sécession écossaise a lieu, le reste du Royaume-Uni serait tellement affaibli que sa place permanente au Conseil de sécurité de l’ONU ne serait pas garantie.

Ils estiment que le reste du Royaume-Uni ne pourrait pas forcément « hériter » de ce siège, ce qui est arrivé à la fédération russe après la disparition de l’URSS. Après tout, l’Ecosse pourrait aussi y prétendre, et plusieurs scénarios sont possibles. L’un ou l’autre ? Ni l’un ni l’autre ? Quelqu’un d’autre ?

5

L’Ecosse indépendante n’est pas sûre d’entrer dans l’Union européenne

Un des grands arguments des « unionistes », c’est que l’entrée de l’Ecosse nouvellement indépendante dans l’Union européenne n’est pas garantie.

Mais le débat sur ce point est désormais suspendu au résultat d’un autre référendum, celui sur l’Union européenne promis par David Cameron si les conservateurs restent au pouvoir après les prochaines législatives.

Contrairement aux Anglais, les Ecossais sont globalement favorables à l’Union européenne. D’autres Etats membres pourraient cependant bloquer un processus d’adhésion de l’Ecosse, histoire de ne pas encourager d’autres volontés séparatistes.

6

Ça va donner des idées aux Catalans…

L’Espagne figure parmi les Etats que l’idée d’une Ecosse indépendante n’enchante guère : la Catalogne serait en effet tentée de suivre cet exemple. Les arguments utilisés par la presse nationale contre l’indépendance catalane ressemblent d’ailleurs à ceux utilisés dans le débat écossais.

Mais Madrid a décidé de gérer la situation différemment, refusant d’accéder aux exigences venues de Barcelone. Le Royaume-Uni, lui, envisage un débat télévisé entre Alex Salmond, le Premier ministre écossais, et David Cameron, son homologue britannique.

7

… et peut-être aussi aux Bretons

La France est aussi soucieuse de ne pas réveiller ses régions à forte identité. Mais la situation y est différente, comme le prouve la diplomatie hexagonale, qui a reconnu sans rechigner l’indépendance du Monténégro lorsqu’il s’est séparé de la Serbie.

Surtout, l’Histoire a fait que les Bretons sont français d’abord et bretons ensuite, alors que les Ecossais sont écossais d’abord et britanniques ensuite.

8

Ça réveille les défenseurs de l’identité écossaise…

On en arrive à la fâcheuse question de l’identité, qui n’a pas occupé une grande place dans les débats, la campagne ayant surtout tendance à mettre en avant des arguments économiques – après tout, nous sommes écossais ; l’identité c’est bien beau, mais parlons d’argent !

La situation pousse cependant certains à se poser des questions. L’histoire écossaise, longtemps délaissée, connait un renouveau. Jusqu’à très récemment, l’histoire qu’apprenaient les élèves écossais était l’histoire britannique, qui se résume en fait à l’histoire anglaise, jusqu’en 1707.

La mise en place de l’apprentissage de l’histoire écossaise dans les écoles par le gouvernement écossais est mal passée du côté des unionistes. L’histoire et l’école, après tout, créent les nations.

9

… mais aussi ceux de l’identité anglaise

Ces débats ont aussi réveillé les Anglais, qui sont devenus encore plus conscients d’eux-mêmes. Se déclarer anglais a été longtemps quelque chose d’un peu mal vu, associé à l’extrême droite. Cela devient de plus en plus acceptable.

En parallèle, on s’aperçoit qu’on emploie moins souvent le terme « anglais » pour dire « britannique » qu’avant. Comme si les Anglais réalisaient soudain qu’ils ne sont pas tout seuls sur l’île.

Les Anglais se réveillent aussi sur le plan politique, notamment autour de la West Lothian Question, débat qui remonte à 1977 : les députés écossais, gallois et nord-irlandais peuvent voter aux Communes sur des questions qui ne concernent que l’Angleterre. Pour certains, ce n’est pas acceptable c’est le signe qu’il faudrait un parlement anglais, voire plusieurs parlements régionaux.

10

Les indépendantistes écossais ne sont pas racistes, eux

Le débat sur l’indépendance de l’Ecosse a lieu dans un contexte de montée des nationalismes en Europe. Ces derniers ne se ressemblent pas tous : certains sont plutôt racistes ou xénophobes (les exemples ne manquent pas), d’autres ne le sont pas, ou ne le sont plus.

C’est le cas du parti nationaliste écossais, qui vous surprendra peut être par ses positions en faveur de l’immigration, bénéfique, selon lui, à l’économie du pays

Publicités

Une Réponse

  1. J’ai lu l’article et je m’étonne aussi qu’il n’évoque pas l’Irlande du Nord, ce qui pourrait être la suite la plus logique avec le Pays de Galles aussi. J’ai parlé du referendum avec mes amis écossais (étudiants) lorsque j’étais là-bas, à vrai dire ils sont divisés sur la question. C’est le genre de discussion qui pimente assez la soirée… Qui vivra verra !

    7 décembre 2013 à 13 h 40 min

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s