en Ecosse et en Irlande

Les contes du whisky de Jean Ray

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Jean Ray  ( 1887-1964)aurait pu être Ecossais, c’est un auteur belge absolument…fantastique.

Critique Télérama – Hubert Prolongeau – 06/2016

Si on vous dit belge, graphomane et génial, vous pensez Simenon ? Il en est pourtant un autre, auteur présumé de neuf mille trois cents textes, chansons, articles, nouvelles et romans, et ayant écrit sous une cinquantaine de pseudonymes. Son nom : Jean Ray (1887-1964). Son univers est fait de maisons hantées, de marins soûls, de trésors lointains et de dieux égarés.

Sa langue est unique, à la fois poétique et barbare, évocatrice et elliptique, sautant d’un lyrisme tourmenté à un sordide échevelé. Lisez­ ­Malpertuis (1943), son chef-d’oeuvre, et voyez comment il mêle le quotidien de petits propriétaires et la mythologie grecque, ou cette Cité de l’indicible peur (1943) qui distille une horreur rampante dans les brumes d’une Angleterre plus froide que nature…

Jean Ray, c’est Pierre Mac Orlan mordu par Edgar Poe, Stevenson réécrit par ­Lovecraft… Depuis trente ans, ses livres étaient presque introuvables. Les éditions Alma vont republier, en trois ans, ses principaux recueils. De quoi se griser à l’une des oeuvres les plus enivrantes que nous ait offertes la littérature fantastique. — Hubert Prolongeau

Trois raisons de (re)lire Jean Ray

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L’écrivain belge Raymond Jean Marie De Kremer, alias Jean Ray (1887-1964), est un maître absolu du genre fantastique. Des rééditions invitent aujourd’hui à le redécouvrir.

1. Parce qu’il était devenu introuvable

Serait-il maudit ? Depuis que feues les éditions NéO ont réussi à publier l’intégrale des Harry Dickson (21 volumes parus entre 1984 et 1986), le mythique « Sherlock Holmes américain » repris par Jean Marie Raymond de Kremer dit Jean Ray, les tentatives de ressusciter son œuvre semblent toutes échouer : les éditions Lefrancq ont arrété leur intégrale au bout de cinq volumes, et le projet d’Omnibus d’offrir la totale « Harry Dickson » a été abandonné, comme l’a été dans les années 60 le film qu’Alain Resnais voulait en tirer et pour lequel il était allé jusqu’à rencontrer Ray. Depuis trente ans, les avocats de la famille et son ancien agent bloquaient beaucoup de choses. Aujourd’hui, de nouvelles personnes sont aux manettes, et la situation est plus saine. Saluons donc l’initiative des petites éditions Alma qui, sous les houlettes conjuguées de François Angelier, producteur de l’émission Mauvais genres, sur France Culture, et de Arnaud Huftier, grand specialiste du maître, prévoient la réédition sur quelques années de ses grands romans fantastiques sous des couvertures dessinées par Philippe Foerster. Pour ouvrir le bal, son premier livre, Les Contes du whisky et La Cité de l’indicible peur, adaptée en 1964 par Jean-Pierre Mocky. Les textes sont présentés dans leurs versions d’origine et non dans celles, édulcorées pour la bienséance, qui ont été diffusées depuis.

2. Parce que les graphomanes de génie se font rares

Jean Ray, c’est 9 300 textes : chansons, nouvelles, articles, romans… On connaît l’anecdote qui l’a amené à écrire les Harry Dickson. Contacté pour traduire des fascicules anonymes allemands ayant le détective pour héros, il trouve les textes d’une telle médiocrité qu’il propose à son éditeur d’écrire de nouvelles histoires à la place. L’éditeur accepte à condition que restent inchangés le titre original et l’illustration de couverture. 103 romans suivront, dont certains restent des chefs-d’œuvre d’atmosphère et d’ingéniosité. Ray a ensuite écrit des centaines de nouvelles sous une dizaine de pseudonymes, dont le plus connu est John Flanders.

3. Parce que derrière Harry Dickson se cache une œuvre fantastique d’une rare poésie

Au-delà du cycle Harry Dickson, ses livres les plus connus sont des livres fantastiques à l’ambiance très particulière : Les Cercles de l’épouvante, Saint-Judas-de-la-nuit, La Cité de l’indicible peur, Le Grand Nocturne. Fasciné par les fantômes et les mondes intermédiaires, Ray laisse des récits très influencés par Dickens et l’écrivain fantastique William Hope Hodgson. Sa langue, baroque et unique, est faite d’un mélange de « beau langage » et de barbarismes, d’anglicismes, de belgicismes et de maltraitances de la syntaxe. Elle compose un monde au pouvoir d’évocation étonnant. Le plus célèbre et le plus génial de ses romans reste sans doute Malpertuis, qui imagine la survie des dieux grecs déchus dans une vieille maison presque abandonnée, et sera réédité en Mars 2017.

 

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4 Réponses

  1. Oups! désolée, Christelle, je n’avais pas vu passer ton message. Ce n’est pas une seule histoire, il s’agit de contes fantastiques aux relents d’embruns, de whisky etc…

    16 novembre 2016 à 7 h 12 min

  2. Oups! désolée, Christelle, je n’avais pas vu passer ton message. Ce n’est pas une seule histoire, il s’agit de contes fantastiques aux relents d’embruns, de whisky etc…

    16 novembre 2016 à 7 h 12 min

  3. Les contes du whisky lol. Quelle est l’histoire en fait ?

    4 novembre 2016 à 14 h 57 min

  4. Oh oh merci pour la découverte ! Je note dans mes tablettes 🙂

    17 septembre 2016 à 7 h 43 min

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