en Ecosse et en Irlande

CINEMA

Huit heures de sursis ( Odd man out) de Carol Reed -1946

Il ne faut manquer aucune occasion de (re)découvrir les films de Carol Reed, un cinéaste maintenu dans un oubli incompréhensible. Voici l’un des plus prenants et surprenants. Situé en Irlande à une époque volontairement imprécise, il commence sur les chapeaux de roues, en pleine réunion d’un groupe d’hommes préparant un coup pour « l’organisation ». Dans cette attaque d’une usine, dont les coffres sont vidés, le chef du groupe, Johnny, est blessé, et ses camarades s’enfuient sans lui.

Une chasse à l’homme commence alors. Qui retrouvera Johnny, la police ou l’organisation ? C’est aussi le début d’une autre histoire. Aux abois, à l’agonie, Johnny erre dans les rues et rencontre des citoyens qui lui disent tous à leur manière, à l’instar d’un cocher : « Je ne suis ni pour ni contre vous. Je ne veux pas me mêler de tout ça. »

Tout en menant un récit haletant, Carol Reed livre ainsi une fable politique sur l’engagement, la solidarité. Tourné juste après la guerre, le film évoque bien sûr la Résistance, mais aussi tous les combats pour la liberté. Dans sa dernière partie, il prend même des allures de conte de Noël, dans un décor de neige aussi poétique qu’émouvant.

Critique Telerama
Frédéric Strauss

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Des saumons dans le desert – un film de Lasse Hallstrom

La comedie de l’annee ! C ‘est un peu exagere quand meme, mais un film bien sympa voila !
Des saumons dans le desert
Comédie Romantique – 2012- Lasse Hallström
Critique TELERAMA – Frédéric Strauss
 
SYNOPSIS

Lorsqu’un richissime cheikh du Yémen se met en tête d’introduire des saumons dans les rivières de son pays, tout le monde pense qu’il s’agit d’une pure folie. Une jeune chargée d’affaires, Harriet, et un scientifique, Fred, vont se retrouver obligés de concrétiser ce rêve insensé. Même si le projet est un vrai casse-tête, l’aventure tombe plutôt bien pour Fred et Harriet, dont la vie privée n’est pas au beau fixe. À travers les voyages, les rencontres et les innombrables péripéties que ce programme surréaliste occasionne, tous deux vont découvrir l’existence sous un jour différent.

Un vent de candeur souffle sur cette comédie qui propulse quelques Anglais au fin fond du Yémen, parce qu’un cheikh a décidé de se lancer dans… la pêche au saumon ! Cette satire fantaisiste repose sur des personnages joliment écrits (le film est l’adaptation du roman de Paul Torday, Partie de pêche au Yémen). Notamment une spécialiste de la communication prête à tout pour la gloire du Prime ­Minister, qu’interprète avec le toupet ­nécessaire Kristin Scott Thomas. En guise de héros, une jeune femme d’affaires au service du cheikh (Emily Blunt) et un scientifique qui n’a jamais servi que la science, aussi sensible qu’un tube à essai. C’est Ewan McGregor qui joue cet anti-play-boy.Tous ces personnages sans guère ­d’illusions vont, pour toutes sortes de raisons, aider à rendre possible le projet du cheikh. La morale du conte n’est donc pas renversante (il faut croire à ses rêves). Mais il y a du charme dans la manière alerte dont Lasse Hallström organise ce cirque de toutes les ambitions, petites et grandes, bonnes ou mauvaises, politiques ou sentimentales. Croquées, toutes, avec une indulgence souriante. — Frédéric Strauss