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La Mort de Tusitala de Nakajima Atsushi

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Une « fausse biographie »  sur Robert Louis Stevenson imaginée par le conteur japonais.  » Tusitala, « le Raconteur d’histoires », est le nom de guerre que l’on prêtait à Robert Louis Stevenson dans les îles Samoa, où il vécut aux derniers temps de sa vie. Engagé avec les Samoans contre les puissances coloniales, écrivant avec acharnement, défrichant ses champs, rêvant dans la lumière des tropiques, l’auteur de L’Île au Trésor s’était bâti là-bas une existence à sa mesure. »http://editions-anacharsis.com/La-Mort-de-Tusitala

Critique Télérama – Martine Laval :

Chez les Stevenson, on est bâtisseur de phares de génération en génération. Toute noble famille a son vilain petit canard. Celui-ci se nomme Robert Louis. Il est écrivain. Ecrivain à succès, genre L’Ile au trésor. Il trouve refuge aux îles Samoa, s’invente une vie loin des hypocrisies. Il se demande : « Suis-je heureux ? » Comme il ne sait répondre à cette question, il s’en va couper du bois, se promener, palabrer avec les autochtones. Tout à sa nouvelle expérience, il affirme : « Depuis quelque temps, je n’ai plus autant de goût pour le pittoresque bariolé. Mon style nouveau vise deux choses : en finir avec les adjectifs inutiles, faire la guerre à l’imagination visuelle. » Tusitala est désormais son nom. Il signifie, en samoan, « raconteur d’histoires ».

Le Japonais Nakajima Atsushi (1909-1942) est lui aussi un raconteur d’histoires. Dans La Mort de Tusitala, publié en 1942, il imagine les derniers jours de l’auteur souffreteux (né en 1850 à Edimbourg et décédé en 1894 aux Samoa), fait alterner une voix narrative avec des extraits de son journal intime fictif. Une fausse biographie, donc, en forme de roman d’aventures, d’interrogations sur la littérature et la vie. Dans une postface élégante, la traductrice Véronique Perrin note les similitudes entre l’Ecossais et le Japonais : rejet d’une famille trop rigide, maladie respiratoire, mort prématurée, désir de fuir une société faite de mensonges. Et de voyager : « Ecrire comme on voyage dans le temps et l’espace. » Nakajima Atsushi, écrivain bourlingueur comme son personnage, Robert Louis Stevenson, a trouvé son mentor. Il le nomme Tusitala, marche dans ses traces et s’envole dans une écriture légère, sensuelle, joyeuse.

Martine Laval


Ecole de Glasgow(1) – James Kelman

L’actualité sociale donne envie aujourd’hui de retourner vers les écrivains de la fameuse  Ecole de Glasgow http://www.magazine-litteraire.com/critique/melee-ecossaise-04-03-2008-34739

Ils sont un peu à la littérature ce que Ken Loach est au cinéma :  Alasdair Gray, Irvine Welsh, John Burnside et bien sûr James Kelman, « L’écrivain écossais le plus influent, celui qui a su conjuguer la langue populaire, le lyrisme savant, l’engagement coléreux et l’ironie » Le Monde Diplomatique .

James Kelman, surtout  pour  » Si tard, il était si tard » et  » Le poinçonneur Hinnes »

Métaillié

Glasgow, dimanche matin, Sammy émerge de deux jours de beuverie. Il n’a plus de portefeuille et est chaussé de baskets qui ne lui appartiennent pas. Suspect, il est arrêté et sauvagement tabassé par la police. À la sortie il se découvre complètement aveugle. Les choses empirent encore : sa petite amie disparaît, la police l’interroge pour un crime mystérieux lié au terrorisme politique et le médecin qu’il finit par consulter refuse d’admettre qu’il est aveugle. Il erre dans les rues pluvieuses de Glasgow, en tentant vainement de donner un sens au cauchemar qu’est devenue sa vie. 

Sammy navigue avec un curieux détachement entre ingénuité et acceptation, avec une combinaison de courage et de méfiance exprimée dans une prose torrentielle, faite de rudesse, de tension qui ne faiblit jamais. On y lit une parabole politique subtile et noire sur la lutte et la survie, riche d’ironie et d’humour noir.  http://editions-metailie.com/livre/si-tard-il-etait-si-tard/

Le Monde Diplomatique : http://www.monde-diplomatique.fr/2005/01/PIEILLER/11830

Critique Libération décembre 2015 : http://next.liberation.fr/livres/2015/12/11/un-ecossais-en-kit_1420143

 

 » Fils d’un restaurateur-encadreur, James Kelman est né à Glasgow en 1946. A 15 ans, il quitte l’école et sa famille émigre aux Etats-Unis où il vit quelques temps avant de retourner à Londres et Edimbourg. Il commence à écrire à 22 ans, alors qu’il exerce le métier de chauffeur de bus à Govan.

En 1971, il rejoint un groupe de création littéraire et publie en 1983, à 37 ans son premier recueil de nouvelles, Not not while the Giro ; ensuite The Busconductor Hines (Le Poinçonneur Hines, Métailié, 1999) et A Chancer.
Il obtient le Cheltenham Prize en 1987 pour Greyhound for Breakfast, le James Tait Black Prize en 1989 pour A Disaffection (Le Mécontentement, Métailié, 2002) et le Booker Prize en 1994 pour How Late it was, How Late (Si tard, il était si tard, Métailié 2015). »

James Kelman habite à Glasgow.